Bélinde by Maria Edgeworth

Bélinde

byMaria Edgeworth

Kobo ebook | December 11, 2015 | French

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EXTRAIT:

CHAPITRE PREMIER. Caractères.

[1]

 

Mistriss Stanhope avait de l’esprit : c’était une de ces femmes qui, sacrifiant leur amour-propre à leur intérêt, possèdent l’art de s’introduire dans le grand monde. Sa fortune était médiocre ; elle savait l’employer habilement à se maintenir dans la société la plus distinguée. Elle s’enorgueillissait d’avoir heureusement établi une demi-douzaine de nièces, et de les avoir mariées à des personnes dont la fortune était bien supérieure à la leur. Il ne lui en restait qu’une ; c’était Bélinde Portman. Bélinde était belle, pleine de graces, d’esprit, et accomplie sous tous les rapports. Sa tante avait employé tous ses moyens pour lui persuader que la plus sérieuse occupation d’une jeune personne était de plaire dans la société, et que tous ses charmes, toutes ses perfections, ne devaient absolument servir qu’à un seul objet, son établissement dans le monde.

Mistriss Stanhope ne trouva pas dans Bélinde une élève aussi docile que dans ses autres nièces, parce qu’elle avait reçu sa première éducation à la campagne, et qu’elle y avait pris le goût d’une vie modeste et retirée. La lecture était une de ses plus douces occupations. Elle semblait ne vouloir prendre pour guide dans le monde que la prudence et la vertu : cependant son caractère devait être développé par les différens événemens de sa vie.

Mistriss Stanhope habitait Bath, ou elle avait plus d’occasions de faire paraître Bélinde à son avantage ; mais, comme sa santé commençait à s’affaiblir, et qu’elle ne pouvait pas sortir autant qu’elle le desirait, après avoir fait jouer tous les ressorts de son esprit, elle parvint à placer Bélinde, pour tout l’été, auprès de lady Delacour, l’une des femmes les plus à la mode de son temps. Cette dame fut tellement enthousiasmée des graces et de l’esprit de Bélinde, qu’elle l’engagea à venir avec elle passer l’hiver à Londres.

Peu de temps après son arrivée à Londres, celle-ci reçut la lettre suivante de sa tante Stanhope.

De Bath.

« Après avoir cherché par-tout, Anne a trouvé votre bracelet dans votre toilette, parmi des papiers et des chiffons que vous aviez laissés pour être jetés au feu. — Je vous l’ai envoyé par un jeune homme qui arriva à Bath (malheureusement pour lui) le jour même que vous en êtes partie. — C’est M. Clarence Hervey, admirateur de lady Delacour. Ce jeune homme est véritablement aimable ; il est très-instruit, et jouit d’une fortune considérable et indépendante : il joint à tous ces avantages beaucoup d’esprit et de goût. C’est un homme fait pour établir la réputation d’une femme ; il est, comme on dit, connaisseur en beauté. — Il dirigera la mode, si je ne me trompe. — Ainsi, ma chère Bélinde, suivez mes conseils ; — faites attention à vous lorsqu’il vous sera présenté, et souvenez-vous de ce que je vous ai recommandé souvent, qu’on ne peut être bien vue par personne sans un extrême desir de plaire.

 

[1]  Nota. Nous avertissons le lecteur qu’on a inséré dans la Bibliothèque Britannique quelques morceaux de ce roman pour en donner une idée. Nous n’avons pas voulu changer le style de ces morceaux, traduits par une plume aussi élégante que facile : ç’eût été les défigurer ; et nous respectons trop ce qui peut plaire au public.

Title:BélindeFormat:Kobo ebookPublished:December 11, 2015Publisher:Maria EdgeworthLanguage:French

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ISBN:9990051298789

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