Et rien d'autre by James SalterEt rien d'autre by James Salter

Et rien d'autre

byJames Salter

Mass Market Paperback | September 28, 2015 | French

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En commençant le récit de la vie de Phillip Bowman pendant les derniers jours de la Seconde Guerre Mondiale, Salter donne le ton pour le reste de ce roman remarquable. "L'issue des grandes batailles peut se jouer sur la détermination", écrit l'auteur, et Bowman ne manque pas de détermination. Mais sous le récit faussement simpliste du passage à l'âge adulte et du vieillissement - un homme rencontre une femme, la perd, en rencontre une autre, la perd, en rencontre une autre, la perd - se tapit l'histoire profondément personnelle de ce que signifie être un homme du 20ème siècle. Bowman est l'archétype de l'américain plein de défauts, d'ambitions et de désirs. Il est Don Draper. Il est Rabbit Angstrom. Il est votre père. Il est mon père. (Il s'appelle aussi Phil et vient aussi du New Jersey). Ce qui est réellement incroyable ici, c'est l'écriture d'un maître octogénaire. Salter élabore des phrases magnifiques. Il crée des personnages, des vies, des mondes entiers en à peine une ou deux pages. Il est également capable d'écrire des scènes de sexe suggestives à vous faire rougir, ce qui est impressionnant pour un homme proche des 90 ans. Profond et riche, c'est un livre à savourer. C'est l'histoire entraînante d'une vie compliquée, pleine d'erreurs, mouvementée. Une vie d'homme. Une vie bien remplie. --Neal Thompson. Extrait Au point du jour  Toute la nuit, dans le noir, la mer avait défilé. Sous le pont, dans leurs lits métalliques étages les uns au-dessus des autres par rangées de six, des centaines d'hommes, silencieux, gisant pour la plupart sur le dos, n'avaient toujours pas trouvé le sommeil alors que le jour allait poindre. Les lampes étaient en veilleuse, les moteurs vrombissaient inlassablement, les ventilateurs brassaient l'air humide : quinze cents soldats, chacun avec des armes et un paquetage assez lourds pour le faire couler à pic, comme une enclume jetée dans l'océan, rien qu'une fraction de l'immense armée en route vers Okinawa, la grande île située à la pointe sud du Japon. En vérité, Okinawa, c'était déjà le Japon, l'archipel en faisait partie, une terre étrange et inconnue. La guerre, qui durait depuis trois ans et demi, était entrée dans sa phase terminale. D'ici une demi-heure, les premiers groupes de soldats formeraient la file d'attente du petit-déjeuner, ils mangeraient debout, épaule contre épaule, l'air grave, sans échanger un mot. Le navire fendait doucement les flots, avec un léger ronronnement. L'acier de la coque grinçait. Dans le Pacifique, la guerre ne ressemblait pas à ce qu'il se passait ailleurs. Même les distances étaient énormes. Jour après jour, rien que la mer, immense et vide, et puis les noms insolites d'endroits éloignés de plus d'un millier de kilomètres les uns des autres. Cette guerre avait embrasé des îles innombrables, arrachées une à une au contrôle des Japonais. Guadalcanal, qui devint une sorte de mythe. Les îles Salomon, le détroit de Nouvelle-Géorgie, surnommé la Fente. Et l'atoll de Tarawa où les péniches de débarquement se heurtèrent à des récifs éloignés du rivage et où les hommes se firent massacrer par un feu ennemi nourri, aussi dense que des essaims d'abeilles ; l'horreur des plages, les corps gorgés d'eau ballottés par les vagues, tous ces fils de la nation, certains beaux comme des dieux. Au début les Japonais s'étaient emparés à une vitesse fulgurante de toute la région : les Indes néerlandaises, la Malaisie occidentale, les Philippines. De solides bastions, des forteresses considérées comme imprenables, furent assaillis et passèrent entre leurs mains en quelques jours. Seule contre-attaque notoire : la première bataille de porte-avions au beau milieu du Pacifique, près de Midway, au cours de laquelle quatre bâtiments japonais irremplaçables et leurs contingents de jets et de soldats aguerris furent coulés. Un coup de massue, mais l'ennemi restait implacablement combatif. L'étreinte de la main de fer qui s'était refermée sur le Pacifique allait devoir être desserrée, en brisant avec fracas un os après l'autre. Les combats, dans la jungle inextricable et la fournaise, étaient sans fin et d'une violence inouïe. Près des rives, après les assauts, les palmiers se dressaient, dénudés tels de hauts poteaux de bois, toutes leurs feuilles emportées par les tirs. Les ennemis étaient de farouches soldats, on s'étonnait des chapiteaux en forme de pagode sur leurs navires de guerre, mais aussi de leur mystérieuse langue sifflante, de leurs corps trapus, et de leur férocité. Jamais ils ne se rendaient. Ils luttaient jusqu'à la mort. Ils exécutaient leurs prisonniers au fil des épées à deux mains qu'ils brandissaient bien haut, et ils ne montraient aucune pitié en cas de victoire, les bras levés dans d'exubérantes manifestations de triomphe.
En commençant le récit de la vie de Phillip Bowman pendant les derniers jours de la Seconde Guerre Mondiale, Salter donne le ton pour le reste de ce roman remarquable. "L'issue des grandes batailles peut se jouer sur la détermination", écrit l'auteur, et Bowman ne manque pas de détermination. Mais sous le récit faussement simpliste du ...
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Title:Et rien d'autreFormat:Mass Market PaperbackDimensions:7.5 × 4.2 × 1.75 inPublished:September 28, 2015Publisher:PointsLanguage:French

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ISBN - 10:2757853384

ISBN - 13:9782757853382

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