FLAVIE by GEORGES SAND

FLAVIE

byGEORGES SAND

Kobo ebook | January 22, 2014 | French

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… Nous voici donc bien installés à quelques milles de Florence, et, de même qu’à Rome, je vais te faire l’historique d’une de nos journées. Tu verras mieux ainsi mon existence que sous la forme ordinaire de petits chapitres dont on oublie toujours les trois quarts. Du moins, c’est ton avis, et je m’y conforme.

Ce n’était pas plus loin qu’hier. Il faisait un vrai temps de demoiselle. Tu sauras qu’ici, au printemps, il fait plutôt froid que chaud. Mon cher père avait décrété la veille que nous irions à la Chartreuse de Vallombrosa, en passant par la villa de lady Rosemonde.

Voilà pour toi deux noms nouveaux, deux connaissances à faire.

De la Chartreuse, je ne te dirai rien, puisque les femmes n’y entrent pas.

Le site et les environs sont ce que l’on appelle infiniment pittoresques. Tu connais mon horreur pour la description. Ouvre un Guide en Italie, tu en sauras plus que moi qui, tout en vivant par les yeux, j’espère, autant qu’une autre, ne remarque pas grand’chose en particulier, et ne retiens absolument rien qui vaille la peine d’être écrit.

De la villa…, c’est-à-dire de lady Rosemonde***, j’ai beaucoup à te dire. D’abord, les personnes m’intéressent toujours plus que les pierres et les arbres, ne t’en déplaise, ma chère artiste, et puis j’ai quelque raison de m’intéresser à cette personne-là, puisqu’elle pourrait bien devenir ma belle-mère.

Ah  ! ah  ! te voilà ouvrant tes grands yeux étonnés. Oui, vraiment, voici au moins le trente-septième projet de mariage dont mon père croit devoir m’entretenir  : sera-ce le dernier  ? Peut-être  !

Bien des choses me plaisent en lui. D’abord, sa mère qui est la seule belle-mère que je puisse me croire capable de supporter  ; ensuite, son nom, qui est écossais et très-illustre  : ceci n’a rien de vulgaire  ; — et puis sa fortune, qui est au moins égale à la mienne, et, pour parler le langage poétique du siècle, je ne serais pas fâchée de doubler mon capital. Je peux te dire cela, à toi qui me connais  ; je n’aime pas l’argent, mais j’adore la dépense, et je ne comprends rien aux gens qui rougissent d’avouer cette passion. C’est la seule que je me connaisse, et je la crois plutôt bonne que mauvaise, puisque j’aime à donner, beaucoup plus qu’à recevoir.

Mais continuons l’analyse des perfections de Malcolm***.

N’oublions pas, en passant, de noter ce prénom qui me plaît beaucoup, bien que je ne sois pas folle des romans de Walter Scott. J’en excepte Diana Vernon, qui me paraît avoir eu quelque disposition à être une fille d’esprit dans son temps.

Ensuite, son âge. Il n’a pas plus de vingt-trois ans. À cet âge-là, un homme n’est pas encore trop despote, et je crois que celui-ci, habitué à ne voir que par les yeux de sa mère, s’habituera aisément à ne pas se croire trop supérieur à sa femme.

Ne jette pas les hauts cris. Je ne veux pas dominer, je ne veux pas me mêler des affaires de mon mari. Il gouvernera toutes choses comme il l’entendra  ; il aura le caractère qu’il voudra, et je ne contrarierai aucun de ses goûts. Mais je veux qu’il respecte les miens, qu’il ne gêne aucune de mes habitudes ou de mes fantaisies, qu’il se fie aveuglément à ma parole qui sera chose sacrée pour moi, et qu’il me laisse mener la vie qui convient à mon caractère et à mes idées.

Ce n’est pas comme cela que tu entends le mariage, je le sais. Tu pratiques et tu prêches la soumission, l’adoration. Bien  ! c’est là ton instinct  : tu es tendre. Moi, je suis juste, et ne me pique pas d’autre chose… jusqu’à présent  !

Title:FLAVIEFormat:Kobo ebookPublished:January 22, 2014Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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ISBN:9990043917902

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