GRANDS NEVROPATHES TOME 2 by DOCTEUR CABANES

GRANDS NEVROPATHES TOME 2

byDOCTEUR CABANES

Kobo ebook | January 25, 2014 | French

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À quel titre, nous dira-t-on, revendiquez-vous La Fontaine  ? En quoi ce clair génie, cet esprit sain, limpide, harmonieux, relève-t-il du pathologiste  ? En le disséquant fibre à fibre, nous le ferez-vous mieux connaître  ?

N’avons-nous pas, qui nous révèlent suffisamment sa personnalité, ses Contes et surtout ses Fables  ? Le «  bonhomme  » ne nous y apparaît-il pas tel qu’il fut, tel qu’il devait être  ?

Taine, ce profond psychologue, l’a pensé ainsi, qui n’a pas séparé l’homme de son œuvre principale  ; mais est-il là tout entier  ? N’est-ce pas plutôt dans sa correspondance, dans les pièces écrites au jour le jour de l’inspiration, celles qu’il ne revit pas, qu’il ne retoucha pas, que l’écrivain se décèle en sa vérité profonde  ?

«  Les manifestations spontanées de la vie psychique impliquent presque toujours une certaine irréflexion. La spontanéité se caractérise par l’absence de tout raisonnement subtil, de tout calcul, de toute hypocrisie intéressée  : elle nous fait connaître une conscience dans toute sa nudité, c’est-à-dire dépouillée des formes simulées dont peuvent l’envelopper la réflexion et la raison[1].  »

Ce n’est pas qu’il faille faire fi de l’œuvre de longue haleine, mais l’œuvre spontanée, pour éclairer le caractère, est également utile à connaître, indépendamment de ce qui constitue la base de toute psychologie individuelle  : les notions d’hérédité et d’évolution, physique et psychique, du sujet à étudier.

Si une œuvre est, dans quelque mesure, révélatrice de celui qui l’a conçue et exécutée, elle ne nous livre pas l’auteur tout entier. Faut-il rappeler l’aveu échappé des lèvres d’un poète  :


Quand je vous livre mon poème,
Mon cœur ne le reconnaît plus  ;
Le meilleur demeure en moi-même.
Mes vrais vers ne seront pas lus[2].


On ne saurait donc s’en tenir à une simple analyse littéraire  ; il est de toute nécessité de la compléter  ; et par l’histoire de la vie propre de l’écrivain, et, au besoin, par l’observation directe, s’il s’agit d’un contemporain.

La biographie nous permet de suivre pas à pas, dans celui qui en est l’objet, les milieux qu’il a traversés, de découvrir sa méthode de travail, ses habitudes, ses manies, son tempérament. Ses lettres, ses causeries familières, ses lectures et ses amitiés, nous font pénétrer plus avant dans son intimité. «  Ce sont des actes où se trahit la vraie nature de celui qui les commet[3].  » En comparant, puis en alliant ces divers procédés d’investigation, en se livrant tour à tour à une opération de contrôle et à un supplément d’information, nous avons quelque chance d’arriver, dans les limites du connaissable, à établir la formule psycho-physiologique, ou pathologique, d’un auteur.

Certes, la besogne est ardue et notre ambition ne va pas au-delà d’une connaissance relative  ; tant de facteurs sont en cause dans ce problème complexe  ! Comme l’écrit le philosophe que nous venons de citer, un homme, à sa naissance, n’est pas une table rase  ; il a des aptitudes, des prédispositions, des virtualités de sentiments et d’idées  ; il porte en lui tout un passé, qui contient en partie son avenir. Il est l’aboutissant d’une longue série d’ancêtres. De tous ceux dont le sang coule dans ses veines, et, en particulier, de ses derniers aïeux, il tient des puissances qui existent en lui à l’état latent, des germes qui sommeillent engourdis, mais vivants, dans les profondeurs de son être.

C’est l’ensemble de ces manières d’être, corporelles et mentales, qu’on désigne sous le nom d’hérédité.

Celle-ci a ses lois, mais combien incertaines et mystérieuses encore  ! Et avec quelle prudence, avec quel tact, en devons-nous faire état  ! Tout au plus, pourrons-nous parfois saisir une ressemblance physique entre père et fils, ou grand-père et petit-fils  ; un trait de physionomie, un tic ou un geste familial, qui font plus ou moins revivre l’ancêtre dans un ou plusieurs de ses descendants  ; des qualités ou des vices analogues, qui se retrouvent à travers maintes générations.

Assurément, il existe entre les différents ancêtres, paternels et maternels, de Jean de La Fontaine, quelques affinités morales et certaines tendances communes.

Du côté paternel, ne se trouvent que «  des esprits clairvoyants, probes et pondérés  ». Les ascendants maternels sont plus actifs et plus intelligents. Ils sont «  allègres, vifs, entreprenants, et leur longévité est légendaire  ». Ils présentent aussi une anomalie physique, que le fabuliste ne manque pas de signaler, car il la présentait lui-même  : les Pidoux sont remarquables par l’importance de leur appendice nasal. Le grand nez de La Fontaine est en parfait accord avec sa sensualité  : c’est un sensuel et un gourmand  ; la fillette et la feuillette ne se contrarient pas et font presque toujours bon ménage.

Pour expliquer la genèse d’un écrivain, il n’est pas indifférent de considérer le milieu terrestre et cosmique.

Title:GRANDS NEVROPATHES TOME 2Format:Kobo ebookPublished:January 25, 2014Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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ISBN:9990044134148

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