La Langue et la littérature hindoustanies en 1876 by Joseph Héliodore Garcin de Tassy

La Langue et la littérature hindoustanies en 1876

byJoseph Héliodore Garcin de Tassy

Kobo ebook | April 25, 2017 | French

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EXTRAIT:

I. Voilà la Reine d’Angleterre investie officiellement du titre d’impératrice de l’Inde, « Indiæ imperatrix », titre auquel répugnait, il faut le dire, la fière nation anglaise, sans doute parce qu’il lui rappelait le despotisme napoléonien ; mais ce titre était déjà donné officieusement à S. M. Victoria par les indigènes depuis la réunion définitive en 1857 au sceptre britannique du vaste empire de l’Inde, qui ne compte pas moins de deux cent cinquante millions d’habitants, car on y nommait depuis lors la Reine Schâhinschâh[1], ce qui est la traduction de l’ancien titre persan de Bkeb ov. Heureusement pour les Anglais, qui avec raison n’aiment pas les changements, le nom paternel de « Reine » précédera toujours celui d’impératrice, et il n’en sera pas comme de Napoléon Ier qui était d’abord « empereur », puis « roi (d’Italie) ». La proclamation du nouveau titre doit avoir lieu très-solennellement à Dehli le 1er janvier 1877, après que le Vice-roi aura fait son entrée dans l’ancienne capitale de Schah-Jâhan. Ce vice-roi est Lord Lytton, qui a été secrétaire d’ambassade à Paris, où il a laissé les meilleurs souvenirs de son esprit et de ses talents. Littérateur distingué, auteur de plusieurs ouvrages remarquables, il était ministre britannique à Lisbonne lorsqu’il a été appelé par le gouvernement de la Reine d’Angleterre au poste élevé qu’il occupe maintenant.

De même que les journaux anglais, les journaux indigènes de l’Inde ont discuté en toute liberté l’opportunité du changement du titre royal, mais ils l’ont surtout envisagé sous le point de vue de celui qu’il y aurait par suite à faire aux titres des princes indiens.

On lit à ce sujet dans l’Aawadh akhbâr[2] : « Puisqu’on donne à la grande Reine le nom de Schâhinschâh, il faut qu’on donne aussi aux wâli, ou chefs du premier ordre, par exemple au Nizam du Décan, le titre de padischâh, et qu’on élève de la même manière les appellations honorifiques de tous les potentats de l’Inde. »

En effet, depuis que, la Reine d’Angleterre a pris le titre d’impératrice, l’amir du Caboul a voulu prendre celui de padischâh[3]. Il a consulté à cet effet son conseil d’État, composé des personnes les plus distinguées du pays, qui n’ont trouvé aucun inconvénient à la chose[4]. On dit que de son côté le roi de Birmanie songe sérieusement à se faire proclamer empereur, afin d’être au niveau de l’impératrice de l’Inde et des empereurs de Russie et d’Allemagne[5].

Les journaux non-seulement indiens[6], mais anglais, français, que dis-je, du monde entier, ayant entretenu leurs lecteurs de toutes les circonstances du voyage du Prince de Galles, ce que je pourrais en dire ne serait qu’une répétition de ce qu’on a déjà lu.

[1] Ou mieux Schâhanschâh, titre qu’on a vainement supposé être schiite. Voir ma lettre dans l’« Indian Mail » du 25 mars 1876.

[2] N° du 1er mars 1876.

[3] Et non bâdschâh, car ce mot paraît être l’hybride pati-schâh, « le seigneur Roi ».

[4] Aligarh Akhbâr du 16 mai 1876.

[5] Aligarh Akhbar du 23 juin 1876.

[6] Afin de satisfaire ses lecteurs, l’Awadh Akhbâr a publié à part, sous le titre d’Extra Awadh Akhbâr, le récit circonstancié de la réception qui a été faite dans l’Inde au Prince de Galles, en une brochure grand in-8° de 79 pages.

Title:La Langue et la littérature hindoustanies en 1876Format:Kobo ebookPublished:April 25, 2017Publisher:Joseph Héliodore Garcin de TassyLanguage:French

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ISBN:9990052794624

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