Le Manoir Mystérieux by FRÉDÉRIC HOUDE

Le Manoir Mystérieux

byFRÉDÉRIC HOUDE

Kobo ebook | July 17, 2016 | French

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Extrait :

Le roman que nous présentons au public canadien mérite bon accueil, non seulement par l’intérêt du récit et par la personnalité du héros — qui n’est rien moins que l’intendant Hocquart — mais encore par son auteur, dont la mort prématurée ne lui permit pas de donner à son œuvre la forme du livre, qui en la multipliant en aurait assuré la vie. Cette œuvre remarquable fut écrite par un journaliste de talent, par un des plus grands amis de la cause des Canadiens-français aux États-Unis, le lieutenant-colonel Frédéric Houde, membre du parlement canadien et éditeur propriétaire du « Monde », le journal français le plus lu et le plus répandu, alors que la « Patrie » était à ses débuts et que la « Presse » était à naître.

L’auteur du « Manoir mystérieux » est né à Louiseville ou, comme on disait autrefois, à la Rivière-du-Loup (en haut) le 23 septembre 1847. Houde fit de brillantes études au séminaire de Nicolet, et à sa sortie entra au « Constitutionnel » des Trois-Rivières comme assistant-rédacteur.

Il passa ensuite aux États-Unis pour s’y livrer au journalisme, avec un courage et une ardeur que rien ne put abattre. Le succès couronna ses efforts dans cette rude tâche comme nous le verrons, et ce n’était pas une mince entreprise que celle de se faire un avenir dans cette carrière.

Quand il se rendit aux États-Unis , Frédéric Houde était jeune et imbu d’idées un peu avancées. Il donnait vers un libéralisme nuageux et indéfini. La république des États-Unis était pour lui l’idéal, et en dehors de son nouveau pays d’adoption, il ne voyait rien de bien, rien de beau. Frédéric Houde dont l’âme était noble et haute, et dont le sens de la justice était si grand, ne tarda pas au contact de Messire Druon à quitter ses idées de jeunesse pour embrasser celles de patriotisme, qui répondaient le mieux à son activité dévorante et à ses aspirations. Il ne cessa dès lors de se dépenser pour le bien de ses compatriotes, et durant les cinq dernières années qu’il passa aux États-Unis, on le vit prendre une part active dans toutes les sociétés, dans toutes les fêtes et toutes les conventions canadiennes-françaises.

Il se rendit d’abord à Saint-Alban, dans le Vermont, où il entra à la rédaction du « Protecteur Canadien », que rédigeait auparavant M. le grand vicaire Druon. Lorsqu’en 1872 cette publication fut suspendue, il entra à la rédaction de « l’Avenir National » que venait de fonder M. Antoine Moussette. Sous la direction de Frédéric Houde, ce journal prit une influence considérable ; mais comme Saint-Alban était un centre trop petit pour permettre à Frédéric Houde de déployer toutes ses facultés, de satisfaire son activité, il s’associa dans l’hiver de 1873, avec Ferdinand Gagnon et tous deux fondèrent à Worcester, dans le Massachusetts, « Le Foyer Canadien », dont la publication se continua en cet endroit jusqu’au mois d’août 1874, époque à laquelle Frédéric Houde revint à Saint-Alban avec son journal « Le Foyer », dont il était devenu le seul propriétaire. Au mois de juin de cette année, Frédéric Houde avait assisté comme délégué des Canadiens des États-Unis à la célébration de la Saint-Jean-Baptiste à Montréal, et il s’y fit remarquer par plusieurs discours.

Il retourna aux États-Unis, et son séjour y fut de courte durée. L’année suivante, il repasse au Canada comme rédacteur du « Nouveau-Monde » de Montréal, dont il devint en 1879 l’unique propriétaire. Il n’en continuait pas moins la publication du « Foyer Canadien », qui peut être considéré comme l’édition hebdomadaire américaine du « Nouveau-Monde. »

Sous sa direction, ce journal atteignit les hauts sommets de la renommée. Son rédacteur propriétaire était un véritable soldat en armes, vivant de luttes et de combats. Écrivain vigoureux, polémiste redoutable, mais franc et honnête, il épuisa sa frêle constitution dans ses combats de la plume et ses luttes politiques. Il ne lui suffisait pas d’être un des premiers journalistes de son pays, il voulut encore devenir législateur, et c’est pourquoi il se fit élire député fédéral pour son comté natal en 1878. Là, comme ailleurs, il fut un travailleur infatigable, et son nom resta synonyme de loyauté, d’honnêteté et d’indépendance. Admiré de ses partisans et respecté de ses adversaires, il mourut le 15 novembre 1884, à l’âge de 37 ans et quelques mois, dans sa paroisse natale, dont il a décrit les beautés dans son roman le « Manoir mystérieux ». Quand Frédéric Houde trouva-t-il le loisir d’écrire ce roman ? Nous supposons qu’il l’écrivit avant 1878, alors qu’il n’était pas encore entré dans les luttes politiques.

Frédéric Houde avait jeté les bases d’une saine politique dans son comté natal, et les électeurs, enthousiasmés de la nouveauté de ses principes, s’étaient empressés d’accepter sa doctrine nationale et patriotique ; fascinés par l’accent de sincérité dont était faite l’éloquence de leur mandataire, les Maskinongés avaient fini par l’entourer d’un respect pour ainsi dire idolâtrique. Ils avaient de lui une opinion si haute, que, forcés de lui trouver un successeur, quand la maladie impitoyable l’eût couché dans la tombe, ces braves gens crurent que seul un ministre du cabinet provincial était digne de le remplacer auprès d’eux.

Title:Le Manoir MystérieuxFormat:Kobo ebookPublished:July 17, 2016Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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ISBN:9990052009940

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