Le siège de Québec by JEAN FÉRON

Le siège de Québec

byJEAN FÉRON

Kobo ebook | July 17, 2016 | French

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Extrait :

Ce fut le 26 juin, mardi, un peu avant midi, que parut devant l’Île d’Orléans la flotte anglaise sous les ordres de l’amiral Saunders. Cette flotte — véritable Armada — se composait d’une vingtaine de vaisseaux de ligne, onze frégates et dix-neuf petits bâtiments de guerre, soit cinquante navires de combat. Et si l’on ajoute les trente transports qui accompagnaient ces navires, Québec voyait s’avancer à sa conquête une flotte de quatre-vingt vaisseaux. Et sur cette flotte se trouvaient huit mille soldats de campagne, cinq mille miliciens de la Nouvelle-Angleterre et trois mille hommes de la garnison de Louisbourg. Le jeune général James Wolfe, qui s’était acquis une certaine renommée à la prise de Louisbourg l’été d’avant, commandait l’armée, tandis que l’amiral Saunders dirigeait les opérations navales.

C’étaient, pour résumer, quatre-vingt navires qui allaient menacer les vingt-deux petits vaisseaux de la flotte française, et c’étaient, en comprenant les membres de l’équipage, de vingt-sept à vingt-huit mille hommes auxquels la capitale de la Nouvelle-France n’aurait à opposer que treize mille combattants… treize mille combattants dont un tiers seulement était des soldats de métier.

Le troisième avantage que possédaient les Anglais, c’était leur puissante artillerie contre une artillerie infime et de très petite portée dont disposait l’armée de la Nouvelle-France ; et à ce troisième avantage pour les Anglais s’ajoutait leur facilité de ravitaillement.

Alors, quand on avait vu paraître cette flotte formidable, flotte qu’on avait estimée beaucoup moindre lorsqu’on en avait annoncé l’approche quelques jours auparavant, on avait jeté cette clameur d’effroi et de désespoir :

— Les Anglais ! …

Effroi ? … Désespoir ? … Non ! … cela n’avait été qu’un choc ! Aussitôt le courage avait chassé l’effroi, l’espoir avait fait place au découragement ! Car on se souvenait que l’année d’avant, à Carillon, quatre mille soldats de la Nouvelle-France avaient repoussé, battu, mis en pleine déroute seize mille Anglais pourvus d’une artillerie abondante et de munitions de guerre en quantités énormes. Oui, cette célèbre victoire, toute récente encore dans les esprits, relevait presque à elle seule les courages un moment abattus !

Après le souvenir vivifiant de cette victoire de Carillon, le peuple jetait un coup d’œil plein de confiance vers les rives et les côtes de Beauport. Là, l’armée de la Nouvelle-France s’était fortement retranchée. Elle échelonnait ses bataillons des bords de la rivière Saint-Charles jusqu’aux abords du Sault Montmorency. À l’ouest, retranchée au Cap-Rouge, la petite armée de Bougainville pouvait surveiller le pays, des murs croulants de la cité jusqu’à la rivière Jacques-Cartier.

Mais, disons-le encore, ce n’étaient que treize mille combattants ! Oui, mais c’étaient aussi treize mille géants divisés en trois corps. L’un, formant l’aile gauche, couvrait les hauteurs, du village de Beauport à la rivière Montmorency ; il était commandé par le Chevalier de Lévis, ce preux qui, jamais vaincu, aima mieux, en 1760, briser son épée que la rendre aux Anglais. Le centre, devant Beauport, était sous les ordres du marquis de Montcalm, ce vaillant que la fatalité allait abattre sur un champ d’honneur. Enfin, l’aile droite avait pour chef ce valeureux Bougainville qui, plus tard, allait jeter un si bel éclat dans l’histoire de la navigation française.

Oui, c’étaient treize mille enfants de la France qui se vouaient avec ivresse à la défense du drapeau des grands rois, à l’honneur de la vieille race gauloise, à la liberté d’un pays immense et riche, nouvelle patrie française ! Ah ! s’ils avaient été tous soldats de métier ! … Hélas ! il n’y en avait que cinq mille. Huit mille formaient les milices canadiennes auxquelles s’ajoutaient quelques matelots et sauvages, ces derniers commandés par Boishébert qui s’était distingué en Acadie. Les milices proprement dites étaient formées des artisans, bourgeois, commerçants, bateliers, pêcheurs, paysans. Car M. de Vaudreuil avait appelé sous les armes tous les hommes valides de la Nouvelle-France, tous ceux-là qui étaient âgés de 18 à 60 ans.

Title:Le siège de QuébecFormat:Kobo ebookPublished:July 17, 2016Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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ISBN:9990052010113

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