La Revanche des Communeux by JEAN-BATISTE CLÉMENT

La Revanche des Communeux

byJEAN-BATISTE CLÉMENT

Kobo ebook | January 29, 2014 | French

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Ces quatre chiffres dans les plis de notre drapeau en disent plus, pour le peuple, que tous les volumes d’économie politique et sociale qui encombrent les rayons des bibliothèques nationales et autres, et que tous ceux qui attendent dans les arrière-boutiques d’éditeurs le juste sort que la postérité leur réserve.

Ces quatre chiffres signifient : A bas les exploiteurs ! à bas les despotes ! à bas les frontières ! à bas les conquérants ! à bas la guerre ! … Et vive l’égalité sociale ! vive la paix ! vive la République universelle ! vive l’humanité !

Telle est la signification de ces quatre chiffres, ou pour mieux dire de cet immortel 1871 que nous revendiquons. 1871 est en effet une époque unique dans les tourmentes de l’humanité ; une année à part dans l’histoire des siècles.

Ceux qui l’ont maudit et le maudissent encore sont logiques ; ils étaient faits pour vivre en l’an 40 et nous en 1871.

La germination extraordinaire des idées nouvelles les surprit et les terrifia : l’odeur de la poudre troubla leur digestion ; ils furent pris de vertige, ils ne nous le pardonneront pas.

Certes, 1871 est une date exceptionnelle dans les annales des révolutions ; c’est le bouleversement général des idées reçues, des esprits, du temps, de l’almanach ; Mathieu Lænsberg lui-même ne s’y reconnaîtrait plus.

Pour nous, cette année-là commence le dix-huit Mars, avec la victoire du Peuple, et se termine avec sa défaite, le vingt-huit mai. Elle compte à peine soixante-douze jours, et elle fait la besogne d’un siècle, de plusieurs siècles même ! Elle peut être logiquement divisée en trois périodes : la première, du 1erjanvier au 18 Mars, appartient à l’histoire des capitulards ; c’est pour ainsi dire un report à 1870, un reliquat de compte qu’ils auront à régler tôt ou tard.

La seconde période du 18 Mars au 28 mai, c’est-à-dire tout 1871, appartient au Peuple, à la Révolution.

La troisième période du 28 mai à la Saint-Sylvestre revient de droit aux Versaillais : c’est la réédition des massacres de Lyon, de la rue Transnonain, de Juin 48, de Décembre 51, revue, corrigée et considérablement augmentée par les soins du sinistre vieillard qui fut l’ordonnateur de ces saturnales sanglantes, parce qu’il était la plus haute expression des sentiments de la classe dirigeante à l’égard de la classe ouvrière.

L’époque que nous revendiquons a fermé à jamais pour la France l’ère des monarchies et des empires, en affirmant l’idée républicaine à la face même des vainqueurs de la France.

Cet acte d’héroïsme et ce dévouement à la République nous coûtèrent une trentaine de mille des nôtres fusillés et massacrés pendant et après le combat sur l’ordre des capitulards de Paris enfuis à Versailles.

Notre 1871, ce n’est point l’année terrible, c’est l’année sublime ! … C’est le peuple grand d’audace et de courage qui se soulève contre tout ce qui est inique ; contre la capitulation qui est une trahison et une lâcheté ; contre l’exploitation de l’homme par l’homme qui est un crime de lèse-humanité ; contre la misère qui est contre nature. Ce n’est pas seulement une lutte engagée pour revendiquer les droits de Paris, pour faire un Paris libre dans une France esclave, pour donner à la grande capitale des grandes révolutions ses franchises municipales.

Nous sommes trop loin d’Étienne Marcel et trop près d’un idéal de justice plus conforme aux idées modernes pour que, dans l’esprit des combattants de la Commune, un Paris libre ne veuille pas dire : Guerre aux monopoles ! Plus de privilèges ! Émancipation de l’humanité ! République sociale universelle !

C’est ce que dit chaque coup de fusil qui part ; c’est ce que porte à l’ennemi chaque balle qu’on lui envoie.

Si 1871 n’a pas eu le temps de résoudre définitivement la question, il l’a au moins bien posée.

On sait maintenant à quoi s’en tenir.

Et si la réaction s’est montrée impitoyable dans la répression, c’est qu’elle savait bien que c’étaient ses privilèges et ses monopoles qu’elle avait à sauver.

Dans l’autre camp, dans celui des vaincus d’un jour, on comprit aussi que ce n’était pas tant pour tuer des hommes que pour tuer une Idée que les bourgeois tuaient à la tâche. 1871 a donc bien posé le principe de la lutte des classes ; de là, deux drapeaux en présence.

Et, bien que la réaction s’en soit donné à cœur joie, qu’elle ait amoncelé cadavres sur cadavres, et qu’elle ait cru faire disparaître à tout jamais les traces de ses crimes en enfouissant pêle-mêle les fusillés dans les fosses et dans les tranchées creusées exprès dans les cimetières, elle doit s’apercevoir aujourd’hui qu’elle s’est réjouie trop tôt et qu’elle s’est trompée.

Non, non, ce ne sont donc pas seulement des cadavres, des corps inanimés, des carcasses criblées par les balles qu’elle a voulu enfouir en terre, c’est surtout une Idée ! …

Mais quoi qu’elle fasse, il lui sera impossible, avant peu, d’arrêter l’éclosion prodigieuse des grandes semailles de 1871.

Title:La Revanche des CommuneuxFormat:Kobo ebookPublished:January 29, 2014Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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