Les Historiettes Tome I Annoté by GÉDÉON TALLEMANT DES RÉAUX

Les Historiettes Tome I Annoté

byGÉDÉON TALLEMANT DES RÉAUX

Kobo ebook | February 22, 2017 | French

Pricing and Purchase Info

$4.59

Prices and offers may vary in store

Available for download

Not available in stores

about

Présentation de l’éditeur :

Ce livre comporte une table des matières dynamique, a été relue et corrigé.

Il est parfaitement mis en page pour une lecture sur liseuse électronique.

Extrait :

HENRI IV.

Si ce prince fût né roi de France, et roi paisible, probablement ce n’eût pas été un grand personnage ; il se fût noyé dans les voluptés, puisque, malgré toutes ses traverses, il ne laissoit pas, pour suivre ses plaisirs, d’abandonner les plus importantes affaires. Après la bataille de Coutras, au lieu de poursuivre ses avantages, il s’en va badiner avec la comtesse de Guiche, et lui porte les drapeaux qu’il avoit gagnés. Durant le siége d’Amiens, il court après madame de Beaufort, sans se tourmenter du cardinal d’Autriche, depuis l’archiduc Albert, qui s’approchoit pour tenter le secours de la place.

Il n’étoit ni trop libéral, ni trop reconnoissant. Il ne louoit jamais les autres, et se vantoit comme un gascon. En récompense, on n’a jamais vu un prince si humain, ni qui aimât plus son peuple ; il ne refusoit point de veiller pour le bien de son État. Il a fait voir en plusieurs rencontres qu’il avoit l’esprit vif et qu’il entendoit raillerie.

Pour reprendre donc ses amours, si Sébastien Zamet, comme quelques-uns l’ont prétendu, donna du poison à madame de Beaufort, on peut dire qu’il rendit un grand service à Henri iv, car ce bon prince alloit faire la plus grande folie qu’on pouvoit faire ; cependant il y étoit tout résolu. On devoit déclarer feu M. le Prince bâtard. M. le comte de Soissons se faisoit cardinal, et on lui donnoit trois cent mille écus de rente en bénéfices. M. le prince de Contiétoit marié alors avec une vieille qui ne pouvoit avoir d’enfants. M. le maréchal de Biron devoit épouser la fille de madame d’Estrées, qui depuis a été madame de Sanzay. M. d’Estrées la devoit avouer ; elle étoit née durant le mariage, mais il y avoit cinq ou six ans que M. d’Estrées n’avoit couché avec sa femme, qui s’en étoit enallée avec le marquis d’Allègre, et qui fut tuée avec lui à Issoire, par les habitants qui se soulevèrent, et prirent le parti de la Ligue. Le marquis et sa galante tenoient pour le Roi : ils furent tous deux poignardés et jetés par la fenêtre.

Cette madame d’Estrées étoit de La Bourdaisière, la race la plus fertile en femmes galantes qui ait jamais été en France ; on en compte jusqu’à vingt-cinq ou vingt-six, soit religieuses, soit mariées, qui toutes ont fait l’amour hautement. De là vient qu’on dit que les armes de La Bourdaisière, c’est une poignée de vesces ; car il se trouve, par une plaisante rencontre, que dans leurs armes il y a une main qui sème de la vesce. On fit sur leurs armes ce quatrain :

Nous devons bénir cette main
Qui sème avec tant de largesses,
Pour le plaisir du genre humain,
Quantité de si belles vesces.

Voici ce que j’ai ouï conter à des gens qui le savoient bien, ou croyoient le bien savoir : une veuve à Bourges, première femme d’un procureur ou d’un notaire, acheta un méchant pourpoint à la Pourpointerie, dans la basque duquel elle trouva un papier où il y avoit : « Dans la cave d’une telle maison, six pieds sous terre, de tel endroit (qui étoit bien désigné), il y a tant en or en des pots, etc. » La somme étoit très-grande pour le temps (il y a bien 150 ans). Cette veuve, voyant que le lieutenant-général de la ville étoit veuf et sans enfants, lui dit la chose, sans lui désigner la maison, et offrit, s’il vouloit l’épouser, de lui dire le secret. Il y consent ; on découvre le trésor ; il lui tient parole et l’épouse. Il s’appeloit Babou. Il acheta La Bourdaisière. C’est, je pense, le grand-père de la mère du maréchal d’Estrées.

Madame d’Estrées eut six filles et deux fils, dont l’un est le maréchal d’Estrées qui vit encore aujourd’hui. Ces six filles étoient madame de Beaufort, que madame de Sourdis, aussi de La Bourdaisière, gouvernait ; madame de Villars, dont nous parlerons de suite ; madame de Namps, la comtesse de Sanzay, l’abbesse de Maubuisson et madame de Balagny. Cette dernière est Délie dans l’Astrée ; elle avoit la taille un peu gâtée, mais c’étoit la personne la plus galante du monde. Ce fut d’elle que feu M. d’Épernon eut l’abbesse de Sainte-Glossine de Metz. On les appeloit, elles six et leur frère, les sept péchés mortels. Madame de Neufvic, dame d’esprit, qui étoit fort familière chez madame de Bar, fit cette épigramme sur la mort de madame la duchesse de Beaufort :

Title:Les Historiettes Tome I AnnotéFormat:Kobo ebookPublished:February 22, 2017Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

The following ISBNs are associated with this title:

ISBN:9990052592619

Look for similar items by category:

Reviews