Les Lions de mer by JAMES FENIMORE COOPER

Les Lions de mer

byJAMES FENIMORE COOPER

Kobo ebook | October 4, 2016 | French

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Extrait :

Nous ne trouvons que peu de plaisir à retracer le tableau des souffrances humaines, et il nous suffira de dire que le pauvre Dagget ne put s’empêcher de crier pendant qu’on le dégelait au moyen de frictions froides. C’était le seul moyen cependant de le traiter, et, comme il le savait, il supporta ses souffrances avec un véritable courage.

L’activité à laquelle il s’était livré et la responsabilité du commandement avaient empêché Roswell de réfléchir beaucoup à ce qui venait de se passer, avant qu’il lui fût possible de se coucher pour prendre quelque repos. Alors le plus terrible des tableaux vint se dérouler devant lui, et il comprit tous les dangers auxquels il avait échappé, aussi bien que la miséricorde de la Providence.

Entouré de morts, on peut le dire, et doutant encore du sort des vivants, il était devenu lui-même plus humble, moins confiant dans l’avenir. La majesté et la puissance de Dieu prenaient dans son esprit une plus grande place, tandis que son opinion de lui-même devenait plus modeste. Il y avait cependant une image qui restait toujours la même dans sa pensée : c’était celle de Marie. S’il pensait à Dieu, il voyait les yeux de Marie levés vers le ciel ; s’il songeait à partir, le sourire de Marie l’encourageait ; s’il arrivait sain et sauf, les yeux baissés de Marie trahissaient toute la joie de son cœur. C’était au milieu de ces tableaux que Roswell s’endormit.

Quand on se leva le matin, il y avait encore plus de changement dans le temps. Un coup de vent avait amené des torrents de pluie. Le dégel était aussi complet que la gelée avait été excessive. Dans cette région, le temps est toujours extrême, et il passe de l’hiver au printemps aussi vite que de l’automne à l’hiver. Nous employons ces termes, printemps et automne, pour nous servir des expressions ordinaires ; mais dans le fait, ces deux saisons existent à peine dans les mers antarctiques. Ordinairement l’on passe de l’hiver à l’été, tel que l’été peut être.

Malgré le changement favorable du temps, Roswell, lorsqu’il sortit le lendemain matin, vit bien que l’été n’était pas encore venu. Il fallait que plusieurs semaines se passassent encore avant que la glace disparût de la baie et que même on pût mettre une chaloupe à la mer. Sous un rapport, les hommes qui se trouvaient encore dans l’île avaient gagné aux terribles pertes que venait de faire l’équipage de Dagget : les provisions des deux vaisseaux pourraient maintenant servir à un seul équipage, et Roswell, lorsqu’il vint à réfléchir aux circonstances, reconnut que la Providence avait épargné peut-être aux survivants de grandes privations, sinon toutes les tortures de la faim.

Cependant c’était un dégel, et tel qu’on peut se l’imaginer dans un climat où l’on rencontre tous les extrêmes. Les neiges qui se trouvaient sur les montagnes commencèrent bientôt à descendre par torrents dans la plaine, et tombant de différents pics, à former de magnifiques cascades. Il y avait tout un mille de rochers qui formaient une cataracte continuelle, cette nappe d’eau n’offrant presque aucune interruption à travers toute cette distance. L’effet de ce déluge était aussi grand qu’extraordinaire. Toute la neige qui se trouvait sur le rocher disparut, et les fragments de glace commencèrent à perdre rapidement de leur grosseur. D’abord, Roswell craignit pour le navire naufragé, car il avait toujours pensé qu’il serait emporté par les eaux de la mer. À cette appréhension en succéda bientôt une autre, c’était qu’il ne fût brisé par les énormes blocs de glace qui forment les cavernes au milieu desquelles il se trouvait, et qui maintenant commençaient à changer de position à mesure que l’eau en détruisait les bases. Roswell pensa un moment à braver l’orage, et à transporter Dagget à la case sur une charrette à bras ; mais lorsqu’il vit les torrents d’eau qui traversaient les rochers, il renonça à cette idée comme impraticable. Il fallut donc passer une seconde nuit à bord du navire naufragé.

Le vent de nord-est, la pluie et le dégel enveloppaient toute l’île, lorsque nos aventuriers sortirent pour voir le temps qu’il faisait. Les cavernes étaient, en ce moment, toutes ruisselantes d’un millier de petites cascades, et tout annonçait le dégel le plus rapide. Lorsqu’on exposa le thermomètre à l’air, il était à soixante-deux degrés, et les marins ôtèrent leur seconde chemise et leurs vêtements les plus lourds. La neige avait presque disparu de partout, et la glace avait beaucoup perdu de ses vastes proportions. Ce changement était si agréable, après le froid extrême qu’on venait d’avoir à supporter, que les marins ne songèrent même pas à la pluie, et qu’ils l’affrontaient comme si elle n’était pas tombée par torrents ;

Title:Les Lions de merFormat:Kobo ebookPublished:October 4, 2016Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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ISBN:9990052239323

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