L'Heidenmauer Annoté by JAMES FENIMORE COOPER

L'Heidenmauer Annoté

byJAMES FENIMORE COOPER

Kobo ebook | September 24, 2016 | French

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Extrait :

La confusion des images obscures qui succédèrent était un véritable emblème du siècle suivant ; sortant de cette obscurité, après le long et glorieux règne de Charlemagne, le château baronnial s’éleva avec sa violence féodale et ses injustices. Puis vint l’abbaye entée sur cette religion douce et souffrante, qui parut sur la terre comme un rayon du soleil éclipsant la clarté factice d’une scène dont la lumière naturelle avait été exclue. Là éclata cette lutte égoïste et longue entre des principes antagonistes, et qui n’a point encore cesser : le combat entre le pouvoir de la science et le pouvoir de la force physique. Le premier, qui n’était ni pur ni parfait, descendait au subterfuge et à la fraude, tandis que le second hésitait entre la crainte des causes inconnues et l’amour de la domination. Le moine et le baron devinrent ennemis ; celui-ci se méfiant secrètement de la foi qu’il professait, celui-là tremblant des conséquences du coup que sa propre épée avait porté, effet de trop de science dans l’un et de trop d’ignorance dans l’autre, tandis que tous les deux étaient la proie de cette ennemie insatiable du genre humain, l’ambition.

Un éclat de rire de l’enfant attira mon attention au bas du rocher. Il venait avec Christian Kinzel, et à leur mutuelle satisfaction, de trouver la place précise qu’avait occupée la queue du diable. Cet enfant était le meilleur emblème de l’Amérique qu’on eût pu trouver sur l’immense surface de son pays. Après le sang anglais ou saxon, le sang français, suédois et hollandais coulait en proportions presque égales dans ses veines. Il n’avait pas besoin de chercher bien loin pour trouver parmi ses ancêtres le paisible compagnon de Penn, le huguenot, le cavalier, le presbytérien, le sectateur de Luther ou de Calvin. Le hasard avait encore augmenté la ressemblance ; car, voyageant depuis son enfance, il mêlait toutes les langues en commentant gaiement sa récente découverte. La suite de pensées que cette distraction m’occasionna était naturelle. Elle embrassait le long mystère dans lequel le continent si vaste de l’Amérique avait été enveloppé aux yeux de l’homme civilisé ; sa découverte, l’établissement qu’on y fit, la manière par laquelle la violence, la persécution, les guerres civiles, l’oppression, l’injustice, avaient jeté des hommes de toutes les nations sur ses rivages ; les effets de ce choc de coutumes et d’opinions dépouillées par l’habitude et les lois de leur origine égoïste ; la liberté civile et religieuse qui s’ensuit ; le principe nouveau, mais irrécusable, sur lequel son gouvernement fut basé ; les progrès silencieux de son exemple dans les deux hémisphères, l’un avant déjà imité les instructions dont l’autre essayait d’approcher, et les immenses résultats qui dérivaient de ce grand et incalculable décret de la Providence. Je ne sais en vérité si mes pensées n’auraient pas approché du sublime, si Christian Kinzel ne les eût interrompues en montrant l’endroit où le diable, dans sa colère, avait donné un coup de pied.

Descendant du sommet, nous prîmes le chemin de Duerckheim.

Tout en marchant, Kinzel fit plus d’une remarque philosophique, qui était principalement inspirée par la misérable condition d’un homme travaillant beaucoup et mangeant peu. Sous le point de vue de sa position particulière, le travail était à trop bon marché, et le vin ainsi que les pommes de terre trop chère. Jusqu’à quelle profondeur eût-il poussé des réflexions si naturelles, je l’ignore, si l’enfant n’eût pas élevé quelques doutes sur la longueur reconnue de la queue du diable. Il avait visité le Jardin des Plantes à Paris, vu le kangourou dans le jardin zoologique à Londres, et connaissait par leurs noms les habitants de diverses ménageries ambulantes qu’il avait vues à Rome, Naples, Dresde, et autres capitales ; il était presque ami avec les ours de Berne, qu’il avait souvent visités. Ayant ainsi une idée vague de l’analogie des choses, il ne pouvait se rappeler aucun animal assez amplement pourvu d’un prolongement de la colonne vertébrale, capable de remplir l’espèce de gouttière formée dans le Teufelstein. Pendant que dura la discussion sur ce point important, nous arrivâmes jusqu’à l’auberge.

Title:L'Heidenmauer AnnotéFormat:Kobo ebookPublished:September 24, 2016Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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ISBN:9990052216805

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