La Flèche noire by ROBERT LOUIS STEVENSON

La Flèche noire

byROBERT LOUIS STEVENSON

Kobo ebook | January 23, 2014 | French

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Complètement trempés et glacés, les deux aventuriers reprirent leur position dans le genêt.

— Je prie le ciel que Capper fasse vite, dit Dick. Je promets un cierge à Sainte-Marie-de-Shoreby, s’il arrive ayant une heure.

— Vous êtes pressé, maître Dick ? demanda Greensheve.

— Oui, mon brave, car dans cette maison est ma dame que j’aime, et qui peuvent être ceux-ci, qui tournent autour d’elle, la nuit, en secret ? Sûrement des ennemis.

— Bien, répliqua Greensheve, si John vient rapidement, nous leur donnerons leur compte. Dehors ils sont à peine quarante… J’en juge par la distance entre leurs sentinelles… et, puis, comme ils sont si espacés, une vingtaine d’hommes les feraient fuir comme des moineaux. Et pourtant, maître Dick, si elle est déjà au pouvoir de Sir Daniel, ce ne sera pas un grand malheur qu’elle tombe dans celui d’un autre. Qui cela peut-il être ?

— Je soupçonne lord Shoreby, répliqua Dick. Quand sont-ils arrivés ?

— Ils ont commencé à arriver, maître Dick, dit Greensheve, à peu près au moment où vous passiez le mur. Il n’y avait pas une minute que j’étais là quand j’ai aperçu le premier de ces drôles tourner le coin du rempart.

La dernière lumière était déjà éteinte dans la petite maison quand ils avaient passé à gué dans la nappe d’eau des lames brisées, et il était impossible de prévoir à quel moment les hommes aux aguets autour du mur attaqueraient. De deux maux, Dick préférait le moindre. Il préférait que Joanna restât sous la tutelle de Sir Daniel plutôt que de tomber dans les griffes de lord Shoreby, et son parti était pris, si l’on livrait l’assaut de la maison, de venir immédiatement au secours des assiégés.

Mais le temps passait et rien ne bougeait. De quart d’heure en quart d’heure le même signal faisait le tour du mur du jardin, comme si le chef avait désiré s’assurer par lui-même de la vigilance de ses hommes dispersés ; mais rien d’autre ne troublait les environs.

Bientôt les renforts de Dick commencèrent à arriver. La nuit n’était pas encore très avancée qu’il y avait une vingtaine d’hommes tapis près de lui dans les genêts.

Il les sépara en deux corps, prit lui-même le commandement du plus petit, et confia le plus nombreux à la direction de Greensheve.

— Kit, dit-il à ce dernier, conduisez vos hommes à l’angle du jardin, sur la grève. Placez-les fortement et attendez jusqu’à ce que vous m’entendiez tomber sur eux de l’autre côté. C’est de ceux du côté de la mer que je veux m’assurer, car là sera le chef. Le reste se sauvera, laissez-les. Et à présent, mes braves, que personne ne tire une flèche, vous ne feriez que blesser des amis. Prenez le fer, rien que le fer, et, si nous avons le dessus, je promets à chacun de vous un noble d’or quand j’aurai recouvert mon bien.

Parmi la bizarre collection de gens sans aveu, voleurs, assassins et paysans ruinés, que Duckworth avait réunis pour servir ses projets de vengeance, quelques-uns des plus hardis et des plus expérimentés dans la guerre s’étaient offerts pour suivre Richard Shelton. Le service de surveillance des faits et gestes de Sir Daniel dans la ville de Shoreby avait été, dès le début, insupportable à leur tempérament, et ils avaient récemment commencé à exprimer hautement leur mécontentement et à menacer de se disperser. La perspective d’une vive rencontre et d’un butin possible les remettait en belle humeur et ils se préparèrent joyeusement au combat.

Ils jetèrent leurs longues blouses et apparurent les uns en simple justaucorps vert, les autres en fortes jaques de cuir ; sous leurs capuchons, beaucoup portaient des toques avec des plaques de fer et, comme armes offensives, des épées, des poignards, quelques forts épieux et une douzaine de brillantes haches d’armes les mettaient en état de s’engager même contre des troupes féodales régulières. Les arcs, les carquois, les blouses furent cachées dans les genêts et les deux bandes s’avancèrent résolument.

Quand Dick eut atteint l’autre côté de la maison, il posta six hommes en ligne à environ vingt yards du mur du jardin et prit lui-même position quelques pas en avant. Alors ils crièrent tous d’une seule voix en fonçant sur l’ennemi.

Ceux-ci étant très espacés, raidis par le froid et pris à l’improviste, sautèrent stupidement sur leurs pieds et restèrent indécis. Avant qu’ils eussent le temps de se ressaisir, ou même de se faire une idée du nombre et de la valeur de leurs assaillants, un semblable cri d’attaque retentit à leurs oreilles de l’autre bout du mur. Ils se crurent perdus et s’enfuirent.

Ainsi les deux petites troupes d’hommes de la Flèche-Noire se réunirent devant le mur du jardin du côté de la mer et prirent une partie des étrangers pour ainsi dire entre deux feux, tandis que tous les autres s’enfuirent à toutes jambes dans différentes directions et furent bientôt dispersés dans l’obscurité.

Malgré cela le combat ne faisait que commencer. Les outlaws de Dick, quoiqu’ils eussent l’avantage de la surprise, étaient encore beaucoup moins nombreux que les gens qu’ils avaient entourés. La marée était montée ; la grève était réduite à une étroite bande ; et, sur ce champ humide, entre le ressac et le mur du jardin, commença dans l’obscurité, un combat douteux, furieux et meurtrier.

Title:La Flèche noireFormat:Kobo ebookPublished:January 23, 2014Publisher:GILBERT TEROLLanguage:French

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ISBN:9990034713117

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