Réponse de monsieur le comte d'Haussonville au discours de monsieur Ferdinand Brunetière by Ferdinand Brunetière, Paul-Gabriel d’Haussonville

Réponse de monsieur le comte d'Haussonville au discours de monsieur Ferdinand Brunetière

byFerdinand Brunetière, Paul-Gabriel d’Haussonville

Kobo ebook | March 12, 2016 | French

Pricing and Purchase Info

$2.84

Prices and offers may vary in store

Available for download

Not available in stores

about



Monsieur,

Vous nous avez dit tout à l’heure que si la franchise était bannie du monde, elle trouverait un refuge dans les discours académiques. Je crains que vous ne vous trompiez. Le palais de l’Institut n’est pas toujours celui de la Vérité. Même dans les séances solennelles qui nous réunissent sous cette coupole, il n’est pas sans exemple que, pour louer le récipiendaire comme il convient, le directeur soit obligé de se faire une certaine violence et qu’il y réussisse assez médiocrement. Je vais essayer cependant de vous donner raison en disant tout haut devant vous tout ce que je pense de vous. Vous-même avez trop l’habitude de la franchise pour vous en étonner, et trop le sens de la justice pour vous en plaindre.

La République avait deux ans (la seconde s’entend) lorsque dans Toulon, vieille ville provençale, vous naquîtes d’un sang vendéen. Votre enfance s’est écoulée tout entière sous le soleil de la Provence et vous avez fait vos études jusqu’à la rhétorique au lycée de Marseille. Ceux qui croient à l’influence fatale du climat et de la race ne manqueraient pas d’assurer que vous joignez aux ardeurs du Midi les ténacités de l’Ouest. Plus simplement, je dirai que de bonne heure vous avez su ce que vous aimiez et ce que vous vouliez. Il n’aurait tenu qu’à vous de suivre la carrière administrative, et si vous l’aviez choisie, entré à dix-huit ans dans un ministère, vous seriez probablement aujourd’hui chef de bureau, qui sait ! peut-être même chef de division, à moins que déjà vous n’eussiez été révoqué pour indépendance d’humeur. Mais tel n’était pas votre compte. Ce que vous aimiez c’était les lettres ; et ce que vous vouliez c’était vous faire un nom. Or, si l’on peut aimer les lettres en province, il est difficile de se faire un nom ailleurs qu’à Paris. C’était donc à Paris que vous tendiez. Vous y êtes arrivé à dix-huit ans pour y achever votre philosophie tout en vous préparant à l’École normale. Je doute que cette préparation ait été fort sérieuse, puisque vous avez été refusé. Mais c’est que déjà vous aviez en tête autre chose que votre examen. Votre esprit vif et curieux débordait l’enseignement qui vous était donné et s’inquiétait d’une foule de matières qui ne figuraient point dans le programme, tandis que vous en négligiez d’autres qui étaient indispensables. Vous n’étiez pas fort exact à la classe de philosophie et vous ne pouviez mordre aux vers latins ; mais vous suiviez, à l’École des Beaux-Arts, les cours de M. Taine, vous erriez dans les galeries du Louvre ou bien vous étudiiez l’origine des langues avec Burnouf, et celle des espèces avec Darwin...

Title:Réponse de monsieur le comte d'Haussonville au discours de monsieur Ferdinand BrunetièreFormat:Kobo ebookPublished:March 12, 2016Publisher:Eric HELANLanguage:French

The following ISBNs are associated with this title:

ISBN:9990052153049

Look for similar items by category:

Reviews